11 choses que vous ne saviez pas sur Barcelone

Touristes chevronnés et locaux passionnés seront d’accord pour dire que Barcelone regorge d’histoires captivantes, connues ou jamais lues. De Christophe Colomb à Iniesta, vous serez surpris par ces anecdotes sur la principale capitale touristique d’Espagne.

Aujourd’hui, nous vous livrons 11 faits marquants sur Barcelone, choisis par notre équipe.

N°1 : Des plages toutes neuves

Difficile à croire et pourtant, il n’y avait aucune plage à Barcelone jusqu’en 1992.

Le front de mer était anciennement une zone industrielle seulement peuplée d’usines, jusqu’à ce que la ville décide d’accueillir les jeux olympiques d’été de 1992.

Une très bonne initiative de la ville puisque les plages de Barcelone figurent maintenant parmi les plus belles plages urbaines. 

En tout et pour tout, Barcelone compte 7 plages qui s’étendent sur un front de mer de 4,5 km.

 

Nous vous conseillons d’aller tester par vous-même la plage de la Barceloneta, ses nombreux bars et restaurants les pieds dans le sable, ou d’aller vous reposer sur le sable chaud de la nova Icaria, réputée plus calme que sa voisine. 

 

 

 

N°2 : Un air de déjà-vu

Au détour d’une rue, vous pourrez remarquer la présence de fontaines Wallace, qui portent le nom du philanthrope qui les a financées, Richard Wallace. Ces fontaines distribuent encore de l’eau potable et sont visibles dans le monde entier : on en trouve aujourd’hui deux à Barcelone mais également à Paris, Londres, Bordeaux ou Montréal. Elles datent du XIXe siècle, une époque où diffuser de l’eau potable était un réel défi et où certains n’y avaient pas accès quotidiennement.

 

C’est Paris qui fût la première à installer ces fontaines, et la mairie en commanda un nombre si important, qu’elle décida d’en offrir une cinquantaine à travers le monde : Barcelone en récupéra 12 à l’occasion de l’exposition universelle de 1888, mais seulement deux d’entre elles subsistent encore dans la ville. Rendez vous sur les Ramblas en face du musée de cire, ou au croisement de la Gran Vía et du Passeig de Gràcia pour les contempler ou allez vous abreuver.

 

Les fontaines sont très reconnaissables, ornées de quatre femmes qui symbolisent chacune une vertu : la bonté, la charité, la simplicité et la sobriété, mais elles sont aussi chacune une allégorie des quatre saisons de l’année.

Fontaine wallace

N°3 : Le symbole inachevé

La Sagrada Familia, ça aurait dû être 144 ans de construction (dans le cas où elle se terminait en 2026 comme initialement prévu mais récemment reporté), et au moins autant de faits insolites ou méconnus à son sujet. Nous en avons sélectionné quelques-uns : de quoi briller lors de votre futur voyage.

  • Georges Orwell, l’auteur émérite du roman 1984, a dit un jour que c’était le bâtiment le plus hideux au monde. 
  • Pourtant c’est l’endroit le plus visité de la ville avec 3 millions de visiteurs par an.  
  • Sa construction est entièrement financée par de l’argent privé grâce aux tickets d’entrée et les dons de divers mécènes. Cela représente quand même un coût de 25 M€ par an.
  • Le projet débute en 1882 sur une idée du libraire Joseph Maria Bocabella qui revient d’un voyage en Italie où il était tombé sous le charme des églises.
  • L’architecte Francisco Paula del Villar commence donc à édifier une église gothique, mais il démissionne au bout d’un an pour laisser la place à Gaudì qui reprend le chantier et change tous les plans. 
  • À la base, il y avait une école sur le toit qui accueillait les enfants des ouvriers et ceux du quartier, mais celle-ci a été déplacée et l’espace fait maintenant office de lieu d’exposition.
  • Les 18 flèches qui coifferont à terme la Sagrada Familia, représentent Jésus Christ et la vierge Marie, ainsi que les 12 apôtres et les 4 évangélistes : celle de J.C. fera 170m de haut, presque autant que la colline qui borde la ville, car Gaudi estimait qu’aucune construction humaine ne devait dépasser celles de Dieu.
  • Le rendu final ne serait pourtant pas fidèle à ce qu’avait prévu Gaudi. Mort il y a 94 ans, l’artiste avait pourtant laissé des plans, mais ceux-ci ont été détruits en 1936 pendant la guerre civile espagnole. En 2008, une centaine de membres de la communauté des arts et de l’architecture de Barcelone signe donc un manifeste contre ce qui leur semble être des erreurs de direction artistique qui sont en train de transformer l’œuvre titanesque de Gaudi en une “attraction pour touristes à des fins de propagande”. 
  • La construction devait s’achever en 2026, pour fêter le centenaire de la mort de l’artiste qui repose désormais sous le sol de sa Cathédrale, mais il faudra encore être patient.
 

N°4 : La deuxième plus grande place au monde

La Plaça del Fòrum est la seconde place la plus grande au monde après la place de Tian’anmen à Pékin. Véritable parc à ciel ouvert (mais pas que), la place à une superficie totale de 14 hectares (140 000 m²), et un des espaces est couvert par une grande plaque photovoltaïque de 1 700 m², soit la taille d’un stade de foot. 

Inauguré en 2004 pour le Forum Universel des Cultures qui s’est tenu à Barcelone, le Parc del Fòrum accueille, entre autres, une esplanade, un centre de conventions international, un parc faisant face à la mer, un port et une zone de baignade. 

Il est accessible en métro et en tramway, et de nombreux événements y prennent place chaque année, comme le festival Primavera Sound, la fiesta Telecogresca, ou la feria de Abril de Cataluña.

Plaça del forum de Barcelona

N°5 : Que pointe du doigt Christophe Colomb ?

Entre les Ramblas et le port se dresse une statue de Christophe Colomb.

Érigée en 1888 pour l’exposition universelle, Colomb surmonte un socle de pierre constitué de quatre niveaux d’escalier, décoré de six lions, ainsi que quelques bas-reliefs et sculptures illustrant sa vie. 

Debout, en haut d’une colonne en fer de 60 mètres de haut, il pointe du doigt l’horizon. Beaucoup se demandent ce que le célèbre navigateur montre du doigt.. 

Il existe deux hypothèses principales : soit il indique la mer, celle qu’il a traversé pour arriver jusqu’en Amérique (même si le Nouveau Monde se trouve en fait dans la direction opposée, à moins qu’il ne montre les Indes), soit il désigne la direction de la ville de Gênes, en Italie, dont il est originaire.

Il vous est possible d’accéder au mirador sous la statue par un ascenseur très étroit, qui vous offrira une vue à 360° sur le port et la Rambla, et vous permettra peut-être de voir ce que Colomb vise du haut de sa colonne. 

N°6 : La plus vieille maison de Barcelone

La maison la plus ancienne de Barcelone se trouve au numéro 6 de la rue Salomó Ben Adret ( rue Sant Domènec del Call jusqu’en 2018 ), dans le quartier gothique. Dissimulée dans la petite rue étroite d’un ancien ghetto juif, cette petite maison en pierre blanche et ses murs inclinés à cause d’un tremblement de terre en 1428 était déjà habitée au XIIème siècle.

Cette maison n’est pas n’importe laquelle. Elle était la propriété d’Astruch Adret, un homme d’affaires juif qui fut forcé de vendre son bien et de se convertir au catholicisme en 1391, lorsque les Juifs furent pointés du doigt comme étant à l’origine de l’épidémie de peste noire avant d’être brutalement assassinés.

La résidence a été bien des choses au cours des années : d’un dépôt mortuaire, à une « Maison de la musique », elle a même accueilli une maison close pendant le 20e siècle.

Aujourd’hui, elle est nommée Casa Adret et héberge un centre culturel juif qui attire des centaines de visiteurs par mois. Elle sert également de quartier général au magazine sur la culture juive à Barcelone : Mozaika.

 

N°7 : Le gratte-ciel médiéval

Dans le quartier du Gòtic, trône le mirador du roi Martí, sur la Plaça del Rei. La plus haute tour du Palau Reial Major était considérée à l’époque médiévale comme le bâtiment le plus haut au monde. Avec ses cinq étages construits en 1555, le belvédère a tout d’un ancêtre des gratte-ciels. 

Malheureusement, il ne se visite qu’en de rares occasions.

N°8 : Autre dimension

Barcelone aurait pu être radicalement différente.

Dans les années 30, un appel à projet pour la refonte du front de mer est lancé dans le but de casser l’insalubrité grandissante dans les quartiers les plus pauvres de la ville.

Il faut aérer et détruire certains bâtiments pour en construire de nouveaux qui s’intègrent mieux dans le paysage urbain, et qui permettront à la ville de se développer de manière plus harmonieuse. 

C’est le plan de style Haussmannien de l’architecte Antoni Rovira i Trias qui conquit le jury à l’unanimité mais il ne fut pas validé par le gouvernement central de Madrid, qui imposa le choix de la construction du plan Cerdà et du quartier de L’Eixample

On retiendra néanmoins la proposition du Corbusier qui, si elle avait été choisie, aurait totalement changé la face et peut-être même l’évolution de Barcelone. 

N°9 : Refuge 307

La guerre civile espagnole a eu d’innombrables conséquences directes sur l’architecture et les comportements espagnols. Dès le début de l’année 1937, l’armée franquiste et ses alliés italiens bombardent le pays et la ville de Barcelone en particulier, ce qui force les habitants à construire eux-même des abris anti-aériens pour se protéger. 

Le Refuge 307, du numéro de dossier à l’assemblée de défense passive de Barcelone correspondant, est l’un des plus grands des 1400 abris de la ville et certaines parties sont encore en parfait état (et ouvertes aux visites grâce au Musée d’Histoire de Barcelone).
Construit dans le quartier de Poble Sec à même le flanc de la colline Montjuïc, avec la collaboration des voisins et de leurs enfants, le refuge comporte 400 mètres de tunnels construits en zigzag pour atténuer le souffle des explosions, protégeant la petite infirmerie, la cuisine, le point d’eau et le groupe