6 choses à savoir avant de découvrir Séville

Séville regorge de trésors en tout genre, qui émerveillent ses nombreux visiteurs. Chaque année, ce n’est pas moins de 12 millions de touristes qui foulent les sols pavés sévillans et sont conquis par la beauté de l’architecture et des paysages encore marqués par Al-Andalou.
Les habitants aussi sont chaque jour un peu plus séduits par leur ville : ils le montrent fièrement en mettant la capitale andalouse en avant et en prenant grand soin de leur patrimoine culturel et des monuments emblématiques.

Nous vous présentons 6 choses intéressantes à savoir sur Séville, surtout si vous avez décidez d’en faire votre prochaine destination de vacances !

1. De la ville au grand écran 

Aux vues de son incroyable beauté, il est compréhensible que plusieurs réalisateurs aient choisit Séville comme lieu de tournage pour leur oeuvres cinématographiques. En effet, la capitale andalouse a servi de décors pour de nombreux films et séries. Parmis les plus connus, on retient notamment le film d’aventure Lawrence d’Arabie, qui a été en majeure partie tourné dans le désert d’Almeria, et dont la fameuse scène du Cairo Great Britain Army Headquarters a été réalisée sur la plaza de Epaña. 

Mais cette place a également servi pour réaliser The Dictator avec Sacha Baron Cohen, Le lion et le vent avec Sean Connery, et enfin mais pas des moindres, Star Wars Episode II : L’Attaque des Clones, dont on reconnaît évidemment les similitudes avec le palais de Theed (sur la planète Naboo).

Plaza de España
Palais de Theed (sur la planète Naboo).

Une partie de la saison 5 de la désormais mythique série Game of Thrones a quant à elle été tournée dans le Palais royal de l’Alcazar. On retrouve bien là le luxuriant palais de Dorne.

Jardin du palais de l'Alcazar et ceux de Dorne

2. Un bijou architectural

C’est un des lieux les plus connus et les plus incroyables d’Andalousie lorsque l’on parle d’architecture, j’ai nommé la plaza de España.
L’oeuvre de l’architecte Anibal Gonzalez fut construite de 1914 à 1928 et livrée juste à temps pour l’exposition ibéro-américaine de 1929. Le but de cette place était de mettre en avant le savoir-faire artisanal et industriel des Sévillans, mais également d’impressionner le monde entier grâce à la beauté du rendu final. 

Comme nous l’avons vu dans le point précédent, il n’est pas obligatoire de s’y être déjà rendu (même si vous loupez quelque chose) pour connaître cette place. Avec une superficie de 50 000 m² (soit sept terrains de football), ce demi-cercle de 200 mètres de diamètre représente les relations entre l’Espagne et ses différentes régions.

Il est possible de faire des promenades en barque le long des 515 mètres du canal qui borde le palais, et ainsi d’admirer de plus près les quatre ponts majestueux rehaussés de céramiques, représentant les anciens royaumes d’Espagne (Castille, Léon, Aragon et Navarre), qui relient le palais au centre de la place.

Le palais principal, ou palais central, est un savant mélange de styles néo-renaissance, gothique et mudéjar (aux influences musulmanes). Construit en brique, il comprend deux ailes de part et d’autre d’un grand bâtiment central, qui se finissent toutes deux par une tour de 80 mètres de haut, le tout orné de diverses boiseries, céramiques, fer forgé, marbre sculpté.. Le long des ailes, vous pourrez admirez le merveilleux travail des artisans qui ont réalisés un banc par province espagnoles. Chacun de ces bancs arbore les couleurs ainsi que le blason de sa capitale, une carte de la province et des mosaïques peintes narrant quelques anecdotes historiques locales. 

La Plaza de España à Séville

3. Notre-Dame du Siège de Séville 

La cathédrale de Séville est le bâtiment le plus emblématique de la ville. Et pour cause ! Elle atteint des records plutôt impressionnants. C’est la 3ème plus grande église gothique au monde et la plus large. 116 mètres de long pour 76 mètres de large et 60 mètres de hauteur

Plan 3D de la cathédrale de Séville

Au sein de la Cathédrale, les principaux centres d’intérêt sont le choeur et le tombeau de Christophe Colomb, les deux orgues en bois massif sculptés dans un style baroque luxuriant. Le patio de los Naranjos, ou cour des Orangers, est un endroit à visiter des plus agréables et qui enivre les sens de ceux qui s’y promènent. 

L’ensemble de l’édifice est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1987.

Elle a été construite lors de la reconquête par les rois catholiques, sur les fondations d’une mosquée qui avait elle été édifiée au XIIe siècle.
Mais alors pourquoi avoir conservé cette partie du bâtiment ? 

La mosquée Aljama, construite sous l’ordre du calife almohade Abu Yaqub Yusuf par l’architecte andalou Ahmad Ben Baso, avait une superficie de 15 000m² et possédait dix-sept nefs et un patio qui existe encore aujourd’hui. L’actuelle Porte du Pardon donnait accès à la mosquée.

En 1248, lorsque les chrétiens conquirent de nouveau la ville, la mosquée fût consacrée et devint une cathédrale. Ce n’est que 150 ans plus tard, sous prétexte de dégradations dues au temps et à un tremblement de terre, que divers architectes mandatés par la famille royale décidèrent de raser l’édifice pour en construire un nouveau, plus imposant et plus fastueux que tout autre existant déjà. La tradition veut que les chrétiens voulurent « construire une église si belle et grandiose que ceux qui la verraient [les] croiraient fous », et l’ouvrage devrait donc être « si beau qu’il n’aurait d’égal ». Un pari plutôt réussi selon nous. 

Néanmoins, la tour du minaret ne fut pas détruite mais simplement réhabilitée en une tour comme l’on retrouve traditionnellement dans les églises. Ses fondations solides et sa grande taille plaisaient beaucoup aux architectes, qui se contentèrent d’ajouter un étage supplémentaire ainsi qu’un magnifique clocher.   

Cathédrale de Séville

4. Tours jumelles 

L’attrait le plus important est la Giralda. Haute de 97,5 mètres, cette tour était autrefois le minaret de la mosquée et a été conservée en grande partie pour sa beauté. Seul le dernier étage et le clocher à lanternon qui ont été ajoutés par la suite sont de style Renaissance.

Point rarissime pour une tour de cette hauteur, on ne monte pas à l’aide d’un quelconque escalier mais bien via un sol incliné : à l’époque où l’imam montait en haut du minaret pour l’appel des fidèles à la prière, il montait à dos d’âne !

Mais ce n’est pas tout, la Giralda de la Cathédrale de Séville a une tour jumelle dans la ville de marrakech : la Koutoubia (ou mezquita kutubiyya) est dotée d’un minaret quasiment identique mais de vingt mètres de moins. Également construit au XIIe siècle, l’édifice religieux est très représentatif de l’art des Almoravides, c’est à dire le mélange artistique originaire d’Espagne et du Maghreb à cette période. 

Puisqu’une image vaut milles mots, nous vous laissons comparer par vous même ces deux joyaux de l’architecture typique Al-Andalus.

Giralda de Séville et Koutoubia de Marrakech

5. Oranges royales

On recense pas moins de 40 000 orangers dans les rues, jardins et places de Séville, la capitale andalouse, faisant d’elle la ville avec le plus d’orangers au monde. C’est principalement une variété d’oranges amères, provenant du bigaradier, qui fleurit chaque année pour le plaisir des locaux autant que des touristes. 

Mais pourquoi en retrouve-t-on autant ? La légende remonte à plusieurs siècles : une reine étrangère se languissait de ne plus voir de paysages enneigés et supportait mal le climat chaud de la ville. Elle décida donc de faire planter des milliers d’orangers dans Séville pour qu’à chaque printemps, lors de la floraison, les arbres se parent de fleurs blanches et paraissent comme recouverts d’un manteau de neige.

Comme ces oranges sont trop amères pour être consommées directement après la cueillette, elles sont principalement transformées en marmelade et exportées aux quatre coins du globe (mais surtout au Royaume-Uni car les anglais en sont très friands). Il est d’ailleurs dit que les oranges provenant des bigaradiers du Palais royal de l’Alcazar sont réservés à la Reine d’Angleterre, Élisabeth II.