À Paris, un logement de 6 mètres carrés vendu plus de 130 000 euros

 

C’est ce que propose l’agence Century 21, chargée de la vente d’un « logement » de 6,51 mètres carrés loi Carrez (8,41 mètres carrés au sol) à Paris pour la modique somme de… 134 000 euros.

Un (tout) petit nid douillet à un prix XXL

Cette annonce, repérée par Le Parisien, dimanche 11 octobre 2020, a dégoûté les internautes, si bien que l’agence immobilière a dû se défendre. Celle-ci justifie notamment ce prix prohibitif par l’emplacement « exceptionnel » du bien.

Situé quai de Gesvres, dans le cossu 4e arrondissement de la capitale, le bien situé plein sud offrirait « une vue sur la Seine et plusieurs monuments de Paris, dont la tour Eiffel, Notre-Dame », énumère Century 21, selon qui « tous les biens peuvent être vendus quelle que soit leur surface ». Cerise sur le gâteau : il est possible de rallier cet appartement situé au 6e étage grâce à un ascenseur. Les dernières marches seront toutefois à gravir par le futur propriétaire, l’élévateur n’allant que jusqu’au 5e.

Une annonce scandaleuse 

Des explications qui n’ont visiblement pas convaincu. « Le pire, c’est que, en tant que Parisien, ce genre d’annonce scandaleuse ne nous choque même plus… On marche sur la tête », s’est notamment étranglée une femme sur Twitter. D’autres doutent de la légalité d’une telle vente, rappelant « qu’il faut 9 mètres carrés pour avoir le droit d’appeler une pièce « chambre ».

Une vente pourtant légale

Un juriste chez Pap.fr assure au Parisien qu’une telle vente est bien légale, car il est possible de vendre un bien à n’importe quel prix. Charlie Cailloux reste toutefois perplexe devant la mention « location autorisée » présente sur la description du bien.

En effet, si un décret de 2002 autorise la location d’un appartement disposant d’un volume habitable au moins égal à 20 mètres cubes, ce qui est le cas du logement vendu par Century 21, les règlements sanitaires qui s’appliquent à Paris interdisent la location d’un logement dont la surface est inférieure à 9 mètres carrés. Or, toujours selon Charlie Cailloux, un arrêt de la Cour de cassation rendu en 2015 fait prévaloir les règlements sanitaires par rapport au décret de 2002. Et le juriste de conclure : « Je déconseille d’acheter ce bien pour un investissement locatif. »

La mention concernant la location a d’ailleurs été rapidement ôtée de l’annonce par l’agence immobilière. « Je pensais que le décret s’appliquait. Je ne savais pas que le règlement sanitaire local prévalait et je pense que je ne suis pas le seul », s’est justifié le responsable.

Source : Lepoint.fr