Coronavirus : premier bilan sur le secteur immobilier

Presque 4 mois après le début du confinement qui a paralysé la quasi totalité des transactions immobilières, les opérations reprennent et bien qu’il soit encore trop tôt pour arrêter un bilan définitif, certains indices laissent présager les mois à venir. Explications.

Un impact pour le moment limité

Selon les analystes, une baisse du nombre de transactions est logiquement attendu pour fin 2020. Les opérations ayant diminué de 70% en Avril, et le rythme normal ne se reprenant pas à 100% dès la sortie de confinement.

Cependant, ces mêmes experts prédisent que la catastrophe ne sera pas comparable à celle subie par le marché immobilier au lendemain de la crise de 2008.

La BCE à la rescousse

Face à ce moment de chaos et de ralentissement économique, nous avons aujourd’hui une Banque centrale européenne prête, dès la première minute, à injecter de l’argent dans les pays qui en ont besoin.

Une politique bancaire encore inchangée

Il n’est a priori pas prévu pour le moment en Espagne que les politiques de financement des particuliers subissent des changements. La règle reste la même : 60% de financement pour les non résidents et 80% pour les résidents.

Les perdants et les gagnants

Des volumes en baisse… Mais des prix en hausse

C’est évident. Un quart de l’année avec des conditions ne facilitant pas les transactions laissera une répercussion directe sur les volumes de ventes. Selon l’INE, les ventes ont chuté de 71,3% en Avril …

… mais le prix moyen des opérations effectuées était de 1.464€, soit une hausse de 3,3% par rapport à la même période l’année dernière. Attention, cette information est à contraster entre les différentes villes et régions d’Espagne où l’évolution des prix n’a pas suivi la même évolution.

C’est le même constat avec le nombre de prêts hypothécaires signés devant notaire qui sont en baisse de 57% en Avril, mais avec des montants des crédits en hausse de 2,2%.

Barcelone, grande perdante de cette crise

Selon plusieurs agences implantées en Catalogne comme Barnes ou Engel & Völkers, les prix immobiliers à Barcelone (qui étaient déjà sur une tendance baissière avant le début de la crise du COVID-19), ont accéléré leur chute atteignant dans certains quartiers jusqu’à -12% !

Une hausse des prix aux Baléares

Selon Menorca.info un quotidien de Minorque aux Baléares, bien que les volumes aient baissé aussi sur cet archipel, les prix eux ont augmenté d’en moyenne 5,8% ! Rappelons que cette communauté autonome est celle qui avait le mieux rattrapé son retard suite à la crise de 2008 avec des prix atteignant des records historiques.

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Une évolution des prix immobiliers par ville directement liée au nombre de cas de Coronavirus

Les données indiquent une corrélation entre les niveaux d’infection par covid-19 et la baisse des prix des logements. Les régions de Navarre et Castilla y León, deux des communautés où les taux d’infection sont les plus élevés, ont enregistré certaines des baisses de prix des logements les plus importantes en mai par rapport à l’année précédente.

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Plus précisément, dans la communauté de Navarre, le nombre de logements a baissé de 2,4% d’une année sur l’autre, tandis que le pourcentage de personnes infectées y était de 0,81%. En Castille et León, le prix des maisons a baissé de 1,7%, tandis que le pourcentage de personnes infectées a été de 0,8%. Dans le cas de Madrid, le prix a diminué de 1,4% et le pourcentage de la population infectée a été de 1,04%.

En revanche, les communautés autonomes ayant le moins de cas d’infection pour 100 000 habitants – Andalousie, îles Baléares et Murcie – ont vu les prix des logements augmenter entre 3,8% et 6% en mai.

Focus sur le marché immobilier de Valence

ASICVAL, l’Association des agents immobiliers de la Communauté de Valence, a mené une enquête sur l’impact de la crise du coronavirus sur le secteur immobilier. Évolution des prix, volumes des ventes, situation des agences immobilières, chômage partiel. Le bilan est plus optimiste que ce que présageait le début du mois de Mars.

Chiffre d’affaires et transactions d’achat-vente

Pendant l’état d’urgence décrété par le gouvernement, le chiffre d’affaires des agences a parfois été réduit en totalité. Selon les résultats de l’enquête, 16,3 % des sociétés immobilières ont réduit leur chiffre d’affaires jusqu’à 20 % ; 17,4 %, entre 20 et 40 % ; 8,1 %, entre 40 et 60 % ; 22,1 %, entre 60 et 80 % ; et 14 %, entre 80 et 100 %.

La baisse du chiffre d’affaires est une conséquence, selon Nora García Donet, de la paralysie presque totale de l’activité du secteur pendant la phase initiale et les phases 0 et 1 du déconfinement. Ainsi, 54,7% des agences n’ont pas clôturé de transactions d’achat-vente pendant la phase initiale et 0 ; 16,3%, en ont commis une ; 19,8 %, deux ; et seulement 9,4 %, plus de deux. La situation ne s’est que légèrement améliorée avec la phase 1 : 29,1% des sociétés immobilières n’ont pas conclu de ventes ; 32,6%, une ; 19,8%, deux ; et 28,1 %, plus de deux.

Évolution du portefeuille de logements

59,3% des directeurs d’agence dans la communauté de Valence disent qu’ils génèrent moins de contacts avec des clients potentiels qu’avant la déclaration de l’état d’alerte ; et 66,3%, font moins de visites de logements.

À son tour, le nombre de logements dans les portefeuilles d’achat et de vente des sociétés immobilières a diminué pour 39,5 % d’entre elles, s’est maintenu pour 40,7% de ces agences et n’a augmenté que pour 19,7%. D’autre part, seulement 9,6% ont subi une baisse de leur portefeuille de logements locatifs, pour 49,4% il s’est maintenu et a progressé pour les 41 % restants.

En ce qui concerne les prix, 74,4% des gestionnaires immobiliers constatent une baisse du prix pour l’achat et la vente de biens immobiliers. A l’inverse, 69,9% des personnes interrogées estiment que le loyer mensuel proposé pour la location d’un logement a été maintenu, contre 19,3% qui estiment qu’il est en baisse et 10,8% qui soutiennent qu’il est en hausse. 77,5% des gérants des agences immobilières de Valence constatent que les montants des transactions égalent les prix des offres effectuées, et seulement 22,5% d’entre eux considèrent qu’ils sont inférieurs.

Source : ASICVAL, Idealista news