De Marcq à Valence, Thomas Rouer favorise les rêves immobiliers des Français en Espagne

Source : Propos recueuillis par Christian Furling. Article publié le 13/02/2021 dans LavoixduNord.fr

À 33 ans, l’ancien Marcquois Thomas Rouer est à la tête d’une agence immobilière florissante à Valence, en Espagne, et a monté un réseau de franchisés. Son travail : aider les Français qui veulent acheter de l’autre côté des Pyrénées. Son aventure a commencé par un coup de foudre en Italie.

Êtes-vous né à Marcq-en-Barœul ?

« Je suis né à Paris mais je suis venu à six mois à Marcq. Mes parents habitaient rue de la Cense à l’Eau (au Quesne). J’ai été à l’école Saint-Aignan, puis Notre-Dame-de-Lourdes, et au Collège de Marcq. Ma mère est de Montreuil, mon père de Mazingarbe, j’ai passé toutes mes vacances à Hardelot. J’ai toujours été attiré par les langues latines. J’ai fait une école de commerce à Reims, la Neoma Business School. J’ai étudié deux ans en France et deux ans en Italie. »

« J’ai rencontré un chasseur immobilier qui travaillait pour Jean Dujardin, ça m’a intrigué. »

Vous êtes arrivé en Espagne par amour…

« Oui, mais j’ai rencontré ma femme en Italie. On se parlait en italien au début. Elle est architecte, elle voulait monter son cabinet chez elle, à Valence, on est donc parti en Espagne en 2017. »

Comment avez-vous eu l’idée de votre société, J’achète en Espagne ?

«J’ai rencontré un chasseur immobilier qui travaillait pour Jean Dujardin, ça m’a intrigué. Je me suis rendu compte qu’il y avait pas mal de Français qui achetaient en Espagne. J’ai trouvé mes premiers clients sur Facebook. J’ai trouvé un logement à Altea, un très beau village sur la Costa Blanca (sud-est de l’Espagne). J’ai commencé comme chasseur immobilier, mais on accompagne les acheteurs, on les prend par la main.»

Vous êtes arrivé au bon moment à Valence…

«Oui. Le marché immobilier a vraiment repris en 2015. En 2017, on trouvait encore des biens à moins de 100000€ au centre de Valence.En ce moment,on est à 1500€ le m2. C’est plus rentable qu’à Paris ou Lille.»

Qu’est-ce qui explique votre succès ? La croissance du marché, le réseau, des employés jeunes au salaire modéré ?

« La première chose, c’est le marché. L’Espagne est le premier pays étranger où les Français achètent. Ensuite, les charges salariales sont plus faibles qu’en France : 33% de charges patronales (contre 52% sur le salaire net). Mon réseau est un réseau de franchisés, mais dans mon agence il n’y a que des salariés. Pour moi, l’échec n’est pas une option. Je me bats jusqu’au bout pour une vente, pour un client. Je peux ne pas être facile comme supérieur hiérarchique. Enfin, j’investis l’argent que je gagne, j’ai une voiture et un niveau de vie normal. »

Thomas Rouer au sein d’un complexe résidentiel à Xeresa del Monte, près de Valence, où son agence a vendu deux logements, dont un à un couple de Douai.

Qu’est-ce qui fait votre spécificité?

« Nous sommes tous Français à l’agence de Valence. On écrit “francophones” par respect pour nos amis belges. Nos quatre valeurs sont la passion, la confiance, la qualité et l’amour du client. Je préfère l’empathie, la bonne éducation au bureau et l’adhésion à ces quatre valeurs plutôt que les capacités commerciales. Je me suis séparé de commerciaux dont les dents rayaient le parquet. »

« On était contents de voir que des gens pouvaient s’acheter leur château en Espagne sans être millionnaires. »

Le nombre de Français qui achètent en Espagne continue de croître ?

« Oui. Le français est la première langue étrangère parlée en Espagne. Il y a eu 9000 transactions réalisées par des Français ou des Belges en 2018 (13,5% des transactions effectuées par des étrangers). »

Quelle est la vente à laquelle vous êtes resté le plus attaché?

« La première, à Altea, les deux clients sont restés des amis proches. Il y a aussi la maison dans la campagne de Valence, achetée 80000€ par des Belges, au milieu des orangers. On était contents devoir que des gens pouvaient s’acheter leur château en Espagne sans être millionnaires. »

Un relais à Lille

Parmi les Français qui achètent en Espagne, pas mal de Nordistes, et des Belges. La société de Thomas Rouer pratique la visio, elle l’utilise même pour des visites à distance. Mais toujours doublées par des visites physiques. Pour le Nordiste, rien ne vaut le contact. Il a donc décidé d’engager un ami d’enfance, Marcquois lui aussi, Antoine Devulder, spécialiste de l’immobilier, pour un nouveau service. Des échanges en chair et en os seront possibles entre de potentiels clients, dans un rayon de 30km autour de Lille, et le relais de J’achète en Espagne, joignable au 06.66.32.33.70

J’achète en Espagne, portrait-robot

J’achète en Espagne est un réseau d’agences immobilières qui accompagnent les francophones dans leur achat en Espagne. Pré-visites, conseils, services d’un avocat, le réseau sécurise au maximumla transaction, afin que les futurs propriétaires n’aient qu’un voyage à effectuer. Thomas Rouer est à la tête de l’agence de Valence, qui compte six salariés. Les franchisés se situent à Séville, Malaga, aux Baléares et à Barcelone. Des recherches sont en cours pour des implantations à Alicante et Madrid.

S’il refuse de livrer son chiffre d’affaires annuel, Thomas Rouer indique que son agence valencienne a effectué une cinquantaine de transactions en 2019 et autant en 2020. ” Nous avons même fait une meilleure année en 2020, confie le Nordiste. On a investi pas mal d’argent en pub et le bouche-à-oreille de ces quatre dernières années a porté ses fruits. “Le budget moyen des acheteurs français est de 150 000€. ” Il s’agit de M. et M me Tout-le-monde, qui ont épargné toute leur vie. La plupart ont 50 ans, ils achètent une maison de vacances qui deviendra leur maison à la retraite. ” D’autres achètent un appartement pour leur enfant qui va étudier à Valence. J’achète en Espagne encaisse un forfait de 690€ et 5% du prix de la vente.