Fiscalité immobilier Espagne : achat, propriété, location et revente en 2026
Comprendre les impôts liés à un achat immobilier en Espagne : ITP, TVA, AJD, notaire, IBI, IRNR, impôt sur le patrimoine et principales différences fiscales à anticiper selon votre projet, pour éviter les mauvaises surprises.
Publié le
26/1/2026
- Mis à jour le
20/7/2026
Acheter un bien immobilier en Espagne ne se résume pas au prix affiché sur l’annonce. Pour connaître le coût réel de votre projet, il faut aussi anticiper la fiscalité liée à l’achat, à la détention du bien, à une éventuelle location et, plus tard, à la revente.
La fiscalité Espagne immobilier dépend de plusieurs critères : le type de bien acheté (neuf ou ancien), sa localisation, votre statut fiscal, mais aussi l’usage que vous en faites. Acheter un appartement ancien, un logement neuf, une résidence secondaire ou un bien destiné à la location n’entraîne pas toujours les mêmes taxes ni les mêmes obligations.
Dans cet article, nous faisons le point sur les principaux impôts, taxes et frais à prévoir lors d’un achat immobilier en Espagne et pendant toute la vie du bien. L’objectif est de vous donner une vision claire, étape par étape, tout en vous orientant vers nos fiches dédiées lorsque le sujet mérite d’être approfondi.
Achat immobilier en Espagne : quelles taxes prévoir ?
La fiscalité dépend d’abord du type d’appartement acheté.
Pour un appartement ancien vendu par un particulier, l’acheteur paie généralement l’ITP.
Pour un appartement neuf vendu par un promoteur, il faut plutôt prévoir la TVA et l’AJD.
Cette distinction est importante, car deux biens affichés au même prix peuvent représenter un budget final différent selon leur statut. Avant de vous engager, vérifiez donc toujours si le bien est neuf ou ancien, dans quelle communauté autonome il se situe, et quelles taxes s’appliquent à l’opération. Pour avoir une vision complète du budget à prévoir, vous pouvez aussi consulter notre fiche dédiée aux frais d’acquisition d’un bien immobilier en Espagne.
Estimez les frais de votre achat immobilier en Espagne
Son taux varie selon les communautés autonomes, mais il représente souvent entre 6 % et 10 % du prix d’achat. Dans certaines régions, des taux réduits peuvent exister selon le profil de l’acheteur, l’usage du bien ou le montant de l’acquisition.
La TVA et l’AJD pour l’achat d’un logement neuf
Pour un logement neuf, la transaction est soumise à la TVA espagnole, appelée IVA, qui représente en général 10 % du prix d’achat pour un logement neuf classique. À cette TVA s’ajoute l’AJD, l’impôt sur les actes juridiques documentés, souvent compris entre 0,5 % et 1,5 % selon les communautés autonomes.
En pratique, cela signifie qu’un logement neuf peut entraîner environ 10,5 % à 11,5 % de taxes d’achat, hors frais de notaire, registre et accompagnement éventuel.
Si vous envisagez d’acheter dans le neuf, notre fiche sur le marché immobilier du neuf en Espagne peut vous aider à mieux comprendre les spécificités de ce type d’achat.
À prévoir en plus des taxes (ITP ou TVA/AJD): comptez environ 0,1 % à 0,5 % pour les frais de notaire, 0,1 % à 0,3 % pour le registre de la propriété, auxquels peuvent s’ajouter des frais d’avocat, de traduction ou d’accompagnement selon votre dossier. Pour approfondir ce point, consultez notre guide complet sur les frais de notaire en Espagne. Si vous passez par une agence ou un accompagnement spécialisé, vous pouvez aussi lire notre fiche sur les frais d’agence immobilière en Espagne
Propriétaire d’un appartement ou d’une maison en Espagne, quels impôts prévoir ?
Une fois l’achat signé, la fiscalité ne s’arrête pas. En Espagne, un propriétaire doit prévoir certains impôts et frais récurrents, même si le bien n’est pas loué. Le montant dépend notamment de la commune, de la valeur cadastrale du logement et de votre statut fiscal.
L’IBI, l’équivalent de la taxe foncière en Espagne
Il est payé chaque année par le propriétaire du bien, résident ou non résident. Son montant varie selon la commune, la valeur cadastrale du logement et le taux appliqué localement. Il concerne les propriétaires résidents comme les propriétaires non-résidents. Le fait de vivre en France, en Belgique, en Suisse ou ailleurs ne dispense pas du paiement de cette taxe foncière espagnole.
Ce taux se situe généralement entre 0,4 % et 1,1 % de la valeur cadastrale, selon la municipalité.
Exemple : pour un bien avec une valeur cadastrale de 200 000 €, l’IBI peut représenter environ 828 € par an à Madrid avec un taux de 0,414 %, contre environ 1 157 € par an à Valence avec un taux de 0,5784 %. À valeur cadastrale identique, le montant peut donc varier sensiblement d’une ville à l’autre.
Existe-t-il une taxe d’habitation en Espagne ?
Il n’existe pas en Espagne une taxe d’habitation strictement équivalente au modèle français. En revanche, un propriétaire peut devoir payer plusieurs frais ou taxes locales liés à l’occupation ou à la détention du bien.
Il peut s’agir, selon les communes, de taxes de collecte des ordures ménagères, de charges municipales ou de frais liés aux services locaux.
Exemple : un propriétaire peut payer l’IBI une fois par an, puis une taxe séparée pour les ordures ménagères selon la municipalité. Ces montants ne sont pas toujours élevés, mais ils doivent être intégrés au budget annuel.
L’IRNR si vous êtes propriétaire non-résident
Si vous possédez un bien immobilier en Espagne sans être résident fiscal espagnol, vous pouvez être concerné par l’IRNR, l’impôt sur le revenu des non-résidents. Cette obligation peut s’appliquer que le bien soit utilisé comme résidence secondaire, laissé vide, en attente de location ou mis en location.
Pour savoir si vous êtes considéré comme résident ou non-résident fiscal en Espagne, plusieurs critères peuvent entrer en compte : la durée de séjour dans le pays, le centre de vos intérêts économiques ou encore le lieu de résidence de votre famille. En cas de doute, il est recommandé de faire vérifier votre situation par un professionnel de la fiscalité franco-espagnole ou internationale. Nous pouvons également vous mettre en relation avec un avocat spécialisé.
Deux situations doivent ensuite être distinguées :
Le bien n’est pas loué : l’administration espagnole calcule l’IRNR sur une base “fictive” même si vous n’encaissez pas de loyers. Cette base “fictive” est calculé à partir de la valeur cadastrale du bien (1,1 % ou 2 % selon les cas).
Le bien est loué : l’IRNR s’applique alors sur les revenus locatifs réellement perçus. Certaines charges peuvent être déduites, comme les travaux, les intérêts d’emprunt, les frais de gestion ou l’amortissement (cette possibilité ne concerne que les résidents de l’Union européenne ou de l’Espace économique européen).
Le taux d’imposition est de
19 % pour les résidents de l’UE/EEE ;
24 % pour les résidents hors UE/EEE.
Les règles officielles figurent sur le site de l’Agencia Tributaria, l’administration fiscale espagnole. L’Espagne a également signé des conventions fiscales avec de nombreux pays, dont la France, la Belgique et la Suisse, afin d’éviter les doubles impositions. Pour connaître précisément vos obligations, il est préférable de demander conseil à un avocat ou à un fiscaliste spécialisé.
Si vous possédez un patrimoine important en Espagne, vous pouvez aussi être concerné par l’Impuesto sobre el Patrimonio, l’équivalent espagnol de l’impôt sur la fortune.
Pour un non-résident, cet impôt ne porte pas sur l’ensemble de votre patrimoine mondial, mais uniquement sur les biens et droits situés en Espagne, par exemple un bien immobilier espagnol. L’administration fiscale espagnole prévoit en principe un minimum exonéré de 700 000 € pour les non-résidents, mais les règles peuvent varier selon la communauté autonome applicable. Certaines dettes liées au bien, comme un prêt immobilier contracté pour l’acquisition, peuvent aussi être prises en compte dans le calcul du patrimoine net.
En pratique, cet impôt concerne donc surtout les propriétaires dont le patrimoine immobilier en Espagne dépasse certains seuils. Pour les patrimoines très élevés, l’impôt temporaire de solidarité sur les grandes fortunes peut également entrer en jeu. Là encore, il est recommandé de vérifier votre situation avec un conseiller fiscal, car les règles dépendent du montant du patrimoine, de la région et de votre statut fiscal.
Revente d’un bien immobilier en Espagne : quelle fiscalité ?
Lors de la revente d’un bien immobilier en Espagne, un propriétaire non-résident doit principalement anticiper trois éléments fiscaux : l’impôt sur la plus-value, la plus-value municipale et la retenue de 3 % appliquée au moment de la vente.
L’impôt sur la plus-value immobilière en Espagne
Si vous revendez votre bien plus cher que vous ne l’avez acheté, la différence peut être imposée en Espagne au titre de la plus-value immobilière. Contrairement à la France, cette imposition ne dépend pas directement de la durée de détention du bien : il n’existe pas le même système d’abattement progressif lié au nombre d’années de possession.
Les taux varient selon votre situation fiscale :
Pour les résidents fiscaux espagnols : la plus-value est soumise à un barème progressif, généralement compris entre 19 % et 26 % selon le montant du gain. Certains cas spécifiques d’exonération peuvent exister.
Pour les non-résidents de l’UE/EEE : la plus-value est en principe imposée au taux de 19 %.
Pour les non-résidents hors UE/EEE : le traitement fiscal peut varier selon la situation et le pays de résidence. Il est donc recommandé de vérifier ce point avec un professionnel.
Attention au mode de paiement : lorsqu’un vendeur est non-résident, l’Espagne applique un système de retenue au moment de la signature chez le notaire. L’acheteur retient 3 % du prix de vente et reverse cette somme à l’Agencia Tributaria. Cette retenue n’est pas une taxe supplémentaire : elle constitue un acompte sur l’impôt dû au titre de la plus-value. Si l’impôt réel est inférieur aux 3 % retenus, le vendeur peut demander le remboursement de la différence. S’il est supérieur, il devra payer le complément.
La plus-value municipale
La revente peut aussi entraîner le paiement de la plusvalía municipal, une taxe locale due à la mairie. Elle porte sur l’augmentation de la valeur du terrain entre la date d’achat et la date de revente, et non sur la valeur totale du logement.
Son montant dépend de la commune, de la durée de détention du bien et de l’évolution de la valeur cadastrale du terrain. Il est donc important de l’anticiper avant la vente, car elle peut varier fortement d’une ville à l’autre.
Fiscalité immobilier Espagne : achat, propriété, location et revente en 2026 - tableau récapitulatif
Étape
Quand ?
Taxes ou impôts à prévoir
Achat
Une fois, à l’acquisition
ITP pour un bien ancien, ou IVA + AJD pour un bien neuf
Propriété / location
Chaque année
IBI et taxe d’enlèvement des ordures ménagères selon la commune
Propriété / location
Chaque année, ou selon la fréquence déclarative applicable
IRNR sur les revenus locatifs perçus en Espagne si le bien est loué, ou sur un revenu immobilier imputé si le bien n’est pas loué
Patrimoine
Chaque année, si les seuils sont dépassés
Impôt sur la fortune immobilière en Espagne
Revente
Une fois, à la revente
Impôt sur la plus-value immobilière, avec acompte de 3 % pour les vendeurs non-résidents
Revente
Une fois, à la revente
Plusvalía municipal
Les erreurs fiscales à éviter quand on achète ou possède un bien en Espagne
La fiscalité immobilière en Espagne n’est pas forcément plus compliquée qu’en France, mais elle fonctionne différemment. Beaucoup d’erreurs viennent surtout d’un manque d’anticipation ou d’une confusion entre les taxes dues au moment de l’achat, les impôts annuels et ceux liés à la location ou à la revente.
Voici les principaux points de vigilance :
Sous-estimer les frais d’achat : en Espagne, les taxes et frais d’acquisition peuvent représenter une part importante du budget total. Leur montant varie selon la région, le type de bien et le statut de l’acheteur.
Oublier les impôts annuels : une fois propriétaire, vous pouvez être redevable de l’IBI, de la taxe d’enlèvement des ordures, de l’IRNR si vous êtes non-résident, ou encore de l’impôt sur les revenus locatifs si le bien est loué.
Confondre résidence fiscale et résidence secondaire : posséder un bien en Espagne ne signifie pas automatiquement être résident fiscal espagnol. À l’inverse, passer beaucoup de temps en Espagne peut avoir des conséquences fiscales.
Ne pas déclarer l’IRNR : même si votre bien n’est pas loué, l’administration espagnole peut considérer qu’il génère un revenu immobilier imputé. Cette déclaration est souvent oubliée par les propriétaires non-résidents.
Mal anticiper la fiscalité locative : si vous louez votre bien, les revenus doivent être déclarés en Espagne. Selon votre pays de résidence, certaines charges peuvent être déductibles, mais les règles ne sont pas les mêmes pour tous.
Découvrir la fiscalité au moment de la revente : plus-value immobilière, plusvalía municipal et retenue de 3 % pour les vendeurs non-résidents doivent être anticipées avant la signature.
Ne pas demander conseil avant d’acheter : certaines situations, comme un achat en couple, via une société, avec un crédit ou dans une optique locative, peuvent avoir des conséquences fiscales différentes.
Chez J’achète en Espagne, nous vous aidons à anticiper ces sujets dès le début du projet. Lors de votre achat, nous estimons les taxes selon la région et le type de bien, nous vous expliquons les frais à prévoir, et nous pouvons vous mettre en relation avec un conseiller fiscal ou un avocat francophone spécialisé. L’objectif est simple : acheter en Espagne avec une vision claire du budget réel, des obligations fiscales et des démarches à prévoir après la signature.
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